La place incontournable des maisons de santé pluridisciplinaire dans les soins de première intention

Publié le par PRG45

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Au sein même de notre majorité, certains doutent peut-être encore du pari que nous faisons sur la création des MSP.

    Plusieurs arguments se font entendre. Le premier, simpliste excusez moi, mais très répandu est que face à la mauvaise répartition sur le territoire des généralistes médicaux il faille imposer les installations dans les  cantons les plus reculés.
    Et de mettre en avant la régularisation des pharmaciens. Effectivement,
 de prime abord, cette régulation pourrait apparaître judicieuse puisque la densité des pharmacies est en gros parallèle à celle de la population. Mais....il y a un gros MAIS. Cette règle fut érigée il y a une quarantaine d'années par l'Ordre des pharmaciens non pas pour le service rendu à la population mais pour rendre viable « le commerce » du médicament.(en gros une règle de non concurrence).
    Malheureusement aujourd'hui et encore plus demain, la plupart des petites pharmacies  de campagne ou de centre ville sont vouées à la fermeture faute de rentrées financières suffisantes. Le « désert » médical ne fait que précéder le « désert » pharmaceutique.
    Sussurer l'hypothèse d'une imposition du lieu d'exercice se traduirait immédiatement par le tarissement de la filière médecine générale à l'internat. Seules des mesures incitatives(et non coercitives) peuvent éventuellement inciter les jeunes médecins à quitter le giron de l'hôpital ou leur ville de formation.

    Autre argument est de dire. ¨Par effet d'aubaine, nombre de médecins déjà installés vont se précipiter dans ces structures et de fait c'est un glissement des généralistes vers les MSP et non de réelles installations que vont susciter leurs créations. C'est en partie vrai, mais le cahier des charges impose un certain nombre de maîtres-enseignants par MSP, qui formeront des internes en MG afin de favoriser leur intégration future dans la médecine de ville. Eux ou les remplaçantsy trouveront aussi un logement.

    Alors pourquoi ces MSP seront incontournables? Les arguments sont nombreux. J'évoquerai surtout un argument macro-économique.




    Non, l'hôpital public n'a pas à  être rentable.
    Un jour, il faudra lui rendre son statut de pôle d'excellence et réserver comme cela était auparavant ses consultations externes aux seuls demandes de médecins pour des patients nécessitant des examens sur un plateau technique élaboré et redonner à la médecine de ville les soins de première intention.

    Un mot sur la genèse de la dérive du système de soins, dérive qui existe dans beaucoup de pays mais qui n'ont pas pour la plupart  le maillage des médecins libéraux de la France.
 
    Pour être concret, je prendrais l'exemple de Montargis, mais il peut se répliquer partout.

    1980: urgence à l'hôpital: 1 interne et 3 lits de réanimation
        les urgences de ville sont traitées par les MG (28) et sur la voie publique par les médecins des pompiers (MG volontaires) Total 29 médecins.
    1990: 1 médecin chef de service des urgences et 2 internes. Un SMUR est balbutiant et assuré toujours par les médecins des pompiers. Les généralistes (42) créent une structure de garde 24H/24 pour les urgences de ville. Total 45 médecins)
    2000: le SMUR est indépendant et utilise 20 urgentistes (MG à la base).
    La structure de garde des généralistes est obsolète et disparaît ainsi que progressivement les médecins des pompiers. Total 62 MG
    Aujourd'hui: 42 médecins urgentistes/ 28 généralistes Total 70 MG.
    Parallèlement les consultations de spécialités hospitalières ont décuplé.
    On ne peut donc concrètement parler de désert médical.
    Heureusement que le service des urgences est aussi là pour assurer la permanence des soins à certaines plages horaires.
    On constate en effet une augmentation constante du nombre de médecins sur Montargis susceptible de répondre aux besoins de santé.

    Le problème est bien celui du coût. La consultation « d'urgence » (qui pour 95% n'est qu'une consultation de médecine générale) coûte 300€ à l'hôpital (hors prescription) alors qu'en ville elle n'est que de 28€.
    Doublant tous les dix le nombre de consultations d'urgence à l'hôpital atteint en France 14 millions, assuré par 1/3 du pool de MG, alors que les deux tiers médecins de ville assurent 420 millions de consultations, soit un rapport de 1 à 30. Le coût global varie lui de 4,2 milliards contre 12,6 milliards d'€.





    Le choix est soit d'augmenter les possibilités hospitalières de façon exponentielle avec un coût grevant fortement les caisses d'assurance maladie, soit d'avoir recours à de nouvelles structures de type MSP qui, adossées aux maisons médicales de garde,  seront autant de sites susceptibles de répondre aux attentes des patients, d'autant que  le nombre d'hôpitaux possédant des structures d'urgences va hélas probablement diminuer de manière inexorable.

    Pour en terminer monsieur le Président, nous avons constaté, tant à Tours lors des rencontres avec les futurs médecins, infirmiers, ou kinésithérapeutes et au cours des visites en IFSI (école d'infirmières) ou de l'IFKM (école de kiné) que tous ces jeunes acteurs de santé sont intéressés à travailler ensemble avec du matériel technique adéquat, dans des structures adaptées.

    En conclusion, chaque MSP sera demain la structure référente qui ne pourra qu'attirer les patients et en retour les professionnels de santé. Nous avons raison d'y investir nos forces et nos moyens, c'est notre vision d'avenir.

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