Une réforme risquée, celle des universités...

Publié le par PRG45

Université : une réforme risquée couplée à une absence d’ambition budgétaire

L’autonomie des universités constitue une orientation nécessaire à une meilleure gestion des universités françaises qui doivent, par ailleurs, trouver leur place au sein de l’Europe de l’enseignement supérieur. Toutefois, comme souvent, l’étiquette du projet présenté ne reflète par le fonds de la réforme proposée.

Laïques et républicains, les radicaux de gauche jugent que le projet de loi sur l’autonomie portée par Valérie PECRESSE institue la mise sous influence de l’enseignement supérieur vis-à-vis des acteurs économiques. La place accordée aux représentants du monde entrepreneurial est trop grande, alors que celle des étudiants et du personnel pédagogique régresse. Le pouvoir mis entre les mains du Président d’université, s’il peut être compris, est trop peu encadré par le conseil scientifique et le conseil d’étude, pour permettre un fonctionnement équilibré entre toutes les composantes de l’Université française.

Solidaires et humanistes, nous ne pouvons pas accepter l’atteinte proférée contre l’égal accès à l’université sur des critères non méritocratiques. Un certain nombre de gardes fous, indispensables à cette ouverture de l’Université aux capitaux privés, ne sont pas mis en place. Ainsi, il importe que tout financement privé soit délié d’une filière précise et soit attribué à
l’ensemble des formations proposées. Le montant des frais d’inscriptions doit être encadré. Les financements publics doivent être modulés sur des critères de qualité de l’offre : maintien d’une pluridisciplinarité réelle et maîtrise des écarts d’investissements entre filières.

Le niveau global de financement de l’État doit être en outre être réévalué à la hausse dans l’urgence. La situation du logement étudiant et les déceptions du Plan ANCIAUX n’en sont qu’un exemple.

Toutefois, les  Radicaux de Gauche regrettent que des collectifs étudiants en soient amenés à bloquer des universités. Même si les radicaux de Gauche ne voient dans ces blocages que la conséquence de la méthode gouvernementale employée, l’interdiction, par la contrainte, de l’accès à des lieux de connaissance et de formation professionnelle ne peut être une situation satisfaisante.

Établir une république de la connaissance tournée vers l’avenir, porteuse d’emploi et de solidarités, était le véritable enjeu de la réforme de la gouvernance et de la gestion universitaire. Le rendez-vous est une nouvelle fois manqué.

 

Publié dans Actualités

Commenter cet article